La Princesse Maleine

Un conte symboliste de Maurice Maeterlinck

Deux enfants jouent autour d’un grand château de glace et se racontent l’histoire de Princesse Maleine. Mais à mesure que fond la glace, la frontière entre réel et fiction s’estompe.

Princesse Maleine est un conte symboliste fait de faux-semblants, d’ombres et de répétitions. Une princesse, une tour, un royaume en ruines, des cygnes noirs, un prince.

Deux comédiens qui prennent en charge l’ensemble du texte. Deux enfants, ou presque, qui jouent aux princes et princesses dans le décors onirique d’une grande fourmillière en glace- froid château de sable.

Ce plateau de jeu fond au fur et à mesure, libérant différents objets qui seront des supports de jeu.

Ce château de glace fait aussi office de castelet, puisque les gestes que font les deux enfants sont filmés et retransmis en grand sur des écrans entourant l’espace. Ainsi, un simple plan fixe sur la glace à l’échelle marionnetique devient sur grand écran une grotte gelée ; ce dispositif permet aussi d’agrandir certains gestes, comme par exemple un frôlement de main. L’ensemble de l’espace joue, et les comédiens parfois s’adossent aux écrans, confrontant leurs corps à ces images oniriques et pourtant filmées en temps réel.

Ainsi, le jeu se déroule à plusieurs échelles, qui permettent de hiérarchiser les espaces mentaux mis en place par Maeterlinck, sans cependant tracer de frontière claire. Car c’est bien une écriture du trouble qu’il s’agit de mettre en scène : d’ailleurs, alors que progresse l’action, le doute peut s’immiscer sur ce qui, des enfants, est du jeu et ce qui ne l’est plus. Finalement, seraient-ils réellement Hjalmar et Maleine, adolescents perdus dans leurs habits trop grand qui tentent de se séduire ?

La proposition de costume fait écho à cette hypothèse, puisque les enfants portent des costumes en papier qu’ils se seraient faits eux-même, mais qui au contact de l’eau vont devenir transparents, se déchirer et finalement disparaître, mue, perte d’innoncence, disparition de la fiction.

Alors que se clôt la pièce, l’ensemble du décors a fondu. Deux corps sont allongés. Sont-ce Hjalmar et Maleine qui, morts flottent sur des eaux noires ? Sont-ce deux enfants qui dorment épuisés par leur jeu ?

Le château a disparu, ne restent que leurs reflets sur l’eau stagnante.

 

Encadré par Annabel Vergne, Pascal Kirsch, Marguerite Bordat, Caty Olive  / EnsAD

  • Date

    2012